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Comment déclarer ses impôts quand on est micro-entrepreneur en 2026 ?

Comment déclarer l’impôt sur le revenu pour les micro-entrepreneurs ? Formulaire 2042-C PRO, versement libératoire de l’impôt, frais professionnels. Décryptage.
Sommaire

Vous êtes micro-entrepreneur et la période de déclaration d’impôt 2026 approche ? Bonne nouvelle : le régime micro-entreprise a été pensé pour simplifier au maximum vos démarches fiscales. Mais « simplifié » ne veut pas dire « sans règles ». Seuils actualisés, choix du bon régime, abattements, formulaires... Voici tout ce que vous devez savoir pour déclarer correctement vos revenus en 2026, sans stress et sans mauvaise surprise.

Comment déclarer ses impôts quand on est micro-entrepreneur en 2026 ?



Quel régime fiscal s’applique à votre micro-entreprise ?

En tant que micro-entrepreneur, vous n’avez pas à établir une déclaration professionnelle de bénéfices séparée (pas de liasse fiscale). Vous relevez automatiquement du régime micro selon la nature de votre activité :

  • Micro-BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) : activités commerciales, artisanales ou industrielles.
  • Micro-BNC (Bénéfices Non Commerciaux) : professions libérales et activités non commerciales.

Ces deux catégories déterminent directement votre abattement forfaitaire et le formulaire que vous allez remplir. On y revient plus bas.

Option 1 : le régime fiscal de droit commun (le plus courant)

Comment ça fonctionne ?

C’est le régime qui s’applique par défaut. Vous déclarez votre chiffre d’affaires brut (ou vos recettes pour les BNC) sur la déclaration complémentaire de revenus, le formulaire n°2042-C Pro. L’administration fiscale se charge ensuite de calculer votre bénéfice imposable en appliquant un abattement forfaitaire représentatif de vos charges professionnelles.




Les abattements forfaitaires applicables en 2026

L’abattement varie selon la nature de votre activité :

Les abattements forfaitaires applicables en 2026
Nature de l’activité Abattement forfaitaire
Achat-revente, fourniture de logement (BIC)71 %
Prestations de services (BIC)50 %
Activités libérales et non commerciales (BNC) 34 %

À noter : quel que soit votre chiffre d’affaires, l’abattement minimum appliqué est de 305 €. Si vos frais réels sont supérieurs à ce que couvre l’abattement forfaitaire, vous ne pouvez pas les déduire dans ce régime.

Où déclarer concrètement ?

Sur impots.gouv.fr, lors de votre déclaration de revenus 2026, vous devez reporter votre chiffre d’affaires (ou vos recettes) dans le formulaire 2042-C Pro, à la rubrique correspondant à votre régime :

  • Rubrique « Revenus industriels et commerciaux professionnels / Régime micro BIC ».
  • Rubrique « Revenus non commerciaux professionnels / Régime micro BNC ».

Ces revenus viendront ensuite s’additionner aux autres revenus de votre foyer fiscal et seront soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu.

Option 2 : le versement forfaitaire libératoire, pour payer moins en payant tout de suite

Le principe en deux mots

Plutôt que d’attendre la déclaration d’impôt 2026, vous pouvez choisir de payer votre impôt sur le revenu directement auprès de l’Urssaf, en même temps que vos cotisations sociales. C’est le versement forfaitaire libératoire (VFL). L’impôt est calculé sur votre chiffre d’affaires brut, à un taux fixe selon votre activité :

  • 1 % du CA pour les activités de vente et de fourniture de logement ;
  • 1,7 % du CA pour les prestations de services ;
  • 2,2 % du CA pour les titulaires de BNC (professions libérales)

Ces taux s’ajoutent à ceux des cotisations sociales. Le versement forfaitaire libératoire est souvent attractif pour les micro-entrepreneurs dont le taux marginal d’imposition est élevé, mais il peut aussi se révéler désavantageux si vos revenus globaux sont faibles.

Qui peut en bénéficier ?

Trois conditions cumulatives sont requises pour opter pour ce régime :

  • votre revenu fiscal de référence de l’année N-2 doit être inférieur ou égal à 27 478 € par part de quotient familial (majoré de 50 % pour une demi-part supplémentaire, 25 % pour un quart de part) ;
  • votre chiffre d’affaires de l’année précédente doit rester dans les limites du régime micro-entreprise ;
  • vous devez être affilié au régime micro-social (ce qui est automatiquement le cas pour la plupart des micro-entrepreneurs)

Comment opter pour ce régime ?

L’option se fait auprès de l’Urssaf, soit au moment de la création de votre activité (ou dans les trois mois suivants, avec effet immédiat), soit en cours d’activité avant le 30 septembre pour une application l’année suivante.

La déclaration d’impôt 2026 reste obligatoire malgré tout

Attention, choisir le versement libératoire ne vous dispense pas de déclarer vos revenus ! Chaque année, vous devez toujours reporter vos revenus professionnels sur le formulaire 2042-C Pro, dans la case dédiée aux « micro-entrepreneurs ayant opté pour le prélèvement libératoire ».

Ces revenus ne seront pas imposés une seconde fois, mais ils sont pris en compte pour :

  • le calcul de votre revenu fiscal de référence ;
  • la détermination du taux d’imposition applicable aux autres revenus de votre foyer fiscal

Droit commun ou versement libératoire : comment choisir ?

La réponse dépend de votre situation personnelle. Le versement libératoire est souvent avantageux si vous êtes fortement imposé ou si vous préférez étaler vos paiements tout au long de l’année sans mauvaise surprise. En revanche, si vos revenus globaux sont modestes et que vous bénéficiez d’un faible taux d’imposition (voire nul), le régime de droit commun sera généralement plus intéressant.

Conseil pratique : faites une simulation sur impots.gouv.fr ou consultez un comptable pour comparer les deux options selon votre situation réelle. La différence peut parfois représenter plusieurs centaines d’euros sur une année.

Micro-entrepreneurs des plateformes numériques : une réforme en cours

Si vous exercez votre activité via des plateformes numériques (livraison, VTC, mise en relation de services, location de biens...), sachez qu’une réforme majeure est en cours de déploiement. Dans le cadre de la lutte contre la sous-déclaration des revenus, vos chiffres d’affaires générés via ces plateformes sont désormais transmis directement aux Urssaf.

À horizon 2027, et potentiellement dès 2026 pour certains opérateurs, les plateformes procèderont directement au prélèvement de vos cotisations et contributions sociales à la source. Votre relation de travail avec la plateforme ne sera pas modifiée, mais vos démarches administratives seront considérablement allégées.