Comment obtenir une remise gracieuse de ses impôts en cas de difficultés ?
Les fins de mois difficiles ne devraient pas se compliquer avec une avalanche d’impôts impayables. La remise gracieuse apparaît alors comme une solution de dernier recours, une faveur exceptionnelle que l’administration fiscale peut accorder aux particuliers submergés par leurs dettes fiscales. Cette mesure humanise le recouvrement en tenant compte de votre réalité personnelle, sans contester le montant dû.
Qu’est-ce qu’une remise gracieuse et pour quels impôts ?
Imaginez une réduction généreuse, accordée sans contrepartie légale stricte : c’est la remise gracieuse. Elle peut effacer tout ou partie d’un impôt direct, ou des pénalités et intérêts moratoires associés à un retard de paiement. Contrairement au dégrèvement qui cible l’impôt principal pour erreur manifeste, elle s’étend plus largement aux accessoires.
Les impôts éligibles se limitent aux directs :
- impôt sur le revenu (IR) ;
- taxe foncière et taxe d’habitation sur les résidences secondaires ;
- cotisation foncière des entreprises (CFE) pour les professionnels.
Quelles situations justifient une remise gracieuse en 2026 ?
L’administration examine au cas par cas, avec une grille rigoureuse. Les motifs incluent :
- Perte de revenus imprévisible : chômage brutal, rupture conventionnelle, cessation d’activité freelance.
- Événements exceptionnels : décès du conjoint, divorce coûteux, invalidité soudaine, maladie grave avec frais médicaux exorbitants.
- Dépenses anormales : sinistre familial (incendie, inondation), surendettement bancaire cumulé.
- Gêne manifeste : revenus sous le RSA, charges vitales dépassant les entrées.
Effectuer une demande de réduction d’impôt
La demande d’exonération totale ou partielle doit être adressée au service des impôts dont dépend le lieu d’imposition. Il s’agit principalement du SIP (service des impôts des particuliers) ou SIE (service des impôts des entreprises).
En revanche, si les impositions émanent d’une DIRCOFI (Direction de Contrôle fiscal), la requête doit être adressée à son directeur.
Il n’existe pas de procédure imposée par l’administration fiscale, vous pouvez effectuer votre demande de dégrèvement d’impôt selon une des 3 méthodes suivantes :
- en ligne sur impots.gouv.fr dans votre espace personnel ;
- par un simple courrier, en complétant le cerfa 15507 ;
- au guichet. Une fiche de visite vous est remise sur place pour faire office d’accusé de réception de votre demande.
Dans tous les cas, il convient de s’identifier, de désigner l’impôt pour lequel vous souhaitez un geste et d’exposer au mieux votre situation.
Sachez qu’il est possible de se faire représenter par un tiers à condition de lui fournir une procuration écrite (un mandat).
Éléments pris en compte par l’administration fiscale pour la demande de remise gracieuse
Pour chaque requête, les agents des impôts vont prendre en compte la situation globale du demandeur.
L’agent responsable du dossier analysera :
- votre situation familiale (nombre d’enfants à charge, union, divorce, licenciement, etc.) ;
- votre situation financière (revenus, dettes générales, dossier de surendettement, patrimoine existant, etc.) ;
- les éventuels évènements exceptionnels (maladie, décès, etc.) ;
- votre comportement fiscal habituel.
Délai de traitement et issue de la demande de remise gracieuse
Après avoir réceptionné votre demande de dégrèvement, l’administration fiscale dispose de 2 mois pour étudier votre dossier. Passé ce délai et sans réponse de sa part, la demande doit être considérée comme refusée.
Dans certains cas, le service des impôts bénéficie de 2 mois supplémentaires, soit 4 mois au total. Cela doit vous être notifié par écrit, avant le délai initialement imparti.
L’administration fiscale n’a pas à justifier sa décision dont elle a la libre appréciation. En cas de rejet de la demande, il est possible de rencontrer un conciliateur fiscal ou saisir le tribunal administratif compétent pour le lieu d’imposition.