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Faut-il déclarer ses revenus Airbnb, Blablacar et Leboncoin aux impôts en 2026 ?

Location, covoiturage, vente d'occasion : on vous explique exactement quoi déclarer, quand, et sur quel formulaire. Simple, concret, sans jargon fiscal.
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Vous avez loué votre appartement quelques semaines sur Airbnb, proposé des trajets en covoiturage sur Blablacar ou vendu vos vieux meubles sur Leboncoin ? Bonne nouvelle : ces activités sont accessibles à tous. Moins bonne nouvelle : elles ne passent pas toutes sous le radar du fisc. Voici ce que vous devez vraiment savoir pour être en règle lors de votre déclaration d’impôt 2026.

Faut-il déclarer ses revenus Airbnb, Blablacar et Leboncoin aux impôts en 2026 ?



Airbnb : quand la location meublée devient une affaire fiscale

Louer son logement sur Airbnb, c’est rapide à mettre en place. La déclaration aux impôts en 2026, un peu moins. Tout dépend du montant que vous encaissez dans l’année.

Moins de 760 € par an : vous êtes tranquille

En dessous de ce seuil, vos revenus locatifs sont exonérés d’impôt. Vous n’avez rien à payer, mais vous devez quand même les mentionner sur votre déclaration d’impôt 2026, dans le formulaire 2042-C-PRO, à la case 5ND (locations meublées non professionnelles).

Entre 760 € et 77 700 € : le régime micro-BIC, votre meilleur allié

C’est la situation la plus fréquente pour les particuliers qui louent ponctuellement. Dans cette tranche, deux options s’offrent à vous :

  • Le régime micro-BIC : vous déclarez l’intégralité de vos revenus, et l’administration applique automatiquement un abattement forfaitaire de 50 %. Concrètement, vous n’êtes imposé que sur la moitié de ce que vous avez perçu. Pratique et simple.
  • Le régime réel : vous déduisez vos charges réelles (charges de copropriété, intérêts d’emprunt, frais de gestion…). Intéressant si vos dépenses sont élevées, mais cela demande une comptabilité rigoureuse.

Pour le micro-BIC, direction le formulaire 2042-C-PRO, case 5ND.




Au-delà de 77 700 € : le régime réel s’impose

Pas de choix ici : c’est le régime réel qui s’applique. Vous devrez remplir le formulaire cerfa 2031-SD, catégorie H (BIC non professionnels). À ce niveau de revenus, un comptable peut vite devenir votre meilleur investissement.

À noter : si vous louez uniquement votre résidence principale de façon saisonnière, l’exonération totale s’applique sous 760 € par an. Au-delà, les mêmes règles que ci-dessus s’appliquent.

Blablacar : le covoiturage, une zone grise bien balisée

Le covoiturage a ceci de particulier qu’il peut être totalement exonéré d’impôt… ou au contraire soumis à imposition. Tout repose sur une question simple : partagez-vous des frais, ou gagnez-vous de l’argent ?

L’exonération : trois conditions cumulatives

Vos revenus Blablacar ne sont pas imposables si vous respectez les trois critères suivants :

  1. Vous effectuez le trajet pour votre propre compte (vous n’avez pas organisé le voyage uniquement pour des passagers).
  2. Le prix proposé ne dépasse pas le barème kilométrique de l’administration fiscale, divisé par le nombre total de personnes dans le véhicule (vous compris).
  3. Vous conservez une quote-part des frais à votre charge, autrement dit, le prix de vente ne couvre pas la totalité de vos dépenses.

Si ces trois conditions sont réunies, il s’agit d’un simple partage de frais : vous n’avez rien à déclarer.

Quand le fisc considère que vous êtes un professionnel

Dès que l’une de ces conditions n’est plus respectée, vous basculez dans la catégorie des revenus professionnels. Dans ce cas :

  • moins de 77 700 € : régime micro-BIC avec abattement de 50 %, à déclarer case 5NP du formulaire 2042-C. ;
  • au-delà de 77 700 € : régime réel obligatoire via le formulaire cerfa 2031-SD.

Leboncoin : vendre ses affaires, oui, faire du commerce, non

Leboncoin est un cas à part, car la nature de vos ventes change tout.

Vendre ce qu’on n’utilise plus : pas d’impôt

Vous videz votre grenier, revendez la poussette de votre enfant ou vous débarrassez d’un canapé devenu encombrant ? Ces ventes de biens personnels usagés ne sont pas imposables, quelle que soit la somme totale. L’administration fiscale considère que vous ne faites pas de bénéfice : vous vendez moins cher que ce que vous avez acheté.

Ce principe s’applique même si vous avez effectué plus de 30 transactions dans l’année ou encaissé plus de 2 000 €. Ce sont les seuils à partir desquels Leboncoin transmet vos données au fisc (dispositif DAC7), mais ce n’est pas pour autant que vous devenez imposable.

Les exceptions à ne pas ignorer

Certaines ventes restent soumises à une imposition spécifique, même si elles concernent vos biens personnels :

  • métaux précieux (or, argent…) : régime particulier, taxe forfaitaire sur les cessions ;
  • biens d’une valeur supérieure à 5 000 € : une plus-value peut être taxée. Font exception à cette règle les meubles, appareils électroménagers et véhicules automobiles.

Acheter pour revendre : là, c’est du commerce

Si vous achetez des articles dans l’intention de les revendre, vous exercez une activité commerciale. Ces revenus sont imposables et doivent être déclarés comme des bénéfices industriels et commerciaux (BIC).

Le dispositif DAC7 : ce que les plateformes transmettent au fisc

Depuis 2023, une directive européenne oblige Airbnb, Blablacar, Leboncoin et toutes les plateformes numériques à transmettre automatiquement à l’administration fiscale les données de leurs vendeurs et prestataires actifs.

Concrètement, si vous avez réalisé 30  transactions ou plus dans l’année, ou encaissé plus de 2  000 €, ces informations atterrissent directement dans votre déclaration de revenus pré-remplie.

Pas de panique : ce dispositif ne crée pas de nouvelle imposition. Il vise simplement à améliorer la traçabilité des revenus et à vous faciliter la tâche en pré-remplissant une partie de votre déclaration d’impôt 2026. En contrepartie, les plateformes ont l’obligation de vous envoyer chaque mois de janvier un récapitulatif annuel de toutes vos opérations.