Déclarer ses revenus de vente de biens achetés ou fabriqués en 2026
Vous vendez des vêtements sur Vinted, des meubles sur Lebon Coin, ou fabriquez des bijoux artisanaux pour Etsy et les marchés locaux ? Vous revendez des articles achetés en gros ? La question revient toujours : faut-il déclarer ces revenus aux impôts ? Tout dépend de votre situation : les ventes occasionnelles de biens personnels sont souvent exonérées, mais dès que l’activité devient habituelle avec but lucratif, oui, vous devez déclarer. Ce guide 2026 vous explique tout simplement, étape par étape.
Quels sont les revenus provenant de la vente de biens à déclarer en 2026 ?
Beaucoup de gens pensent qu’en dessous d’un certain seuil, ils peuvent vendre sans se soucier du fisc. C’est une idée reçue qui peut coûter cher. En France, dès lors que vous achetez des biens dans le but de les revendre, ou que vous fabriquez des produits pour les vendre, les revenus que vous en tirez entrent dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, plus connue sous le sigle BIC. C’est le cadre fiscal qui s’applique à toute activité commerciale, qu’elle soit exercée à titre principal ou en complément d’un autre revenu.
Concrètement, voici les situations qui tombent sous ce régime :
- L’achat-revente. Vous achetez des produits (vêtements, électronique, meubles, objets de collection) et vous les revendez avec une marge. Peu importe le canal de vente : marketplace en ligne, brocante, réseaux sociaux.
- La fabrication pour vendre. Vous créez vous-même des produits : bijoux faits main, savons artisanaux, vêtements cousus, mobilier fabriqué dans votre atelier. Dès que ces créations sont vendues, les recettes sont imposables.
- La vente de biens personnels. C’est souvent là que les gens sont surpris. Vendre vos propres affaires de façon habituelle et répétée peut également générer des revenus imposables. L’administration fiscale distingue la vente ponctuelle d’un particulier qui vide son grenier (généralement non imposable) de l’activité régulière qui ressemble à du commerce.
La frontière entre les deux n’est pas toujours évidente. En cas de doute, mieux vaut déclarer que de prendre le risque d’un redressement fiscal.
Les régimes fiscaux : micro-BIC ou réel ?
C’est ici que tout se joue. Selon le montant de vos recettes annuelles, vous relevez automatiquement d’un régime fiscal différent, ou vous avez le choix entre deux options. Comprendre cette distinction, c’est déjà faire la moitié du chemin.
Micro-BIC : simplicité pour les petits vendeurs
Si vos recettes annuelles ne dépassent pas 203 100 euros, vous pouvez bénéficier du régime micro-BIC. C’est le régime par défaut pour la plupart des vendeurs occasionnels ou des artisans qui démarrent.
Son principe est d’une grande simplicité : l’administration fiscale applique automatiquement un abattement forfaitaire de 71 % sur l’ensemble de vos recettes. Cela signifie que vous n’êtes imposé que sur 29 % de ce que vous avez encaissé. Cet abattement est censé représenter vos frais et charges, même si vous n’avez pas de justificatifs à fournir.
Prenons un exemple concret. Vous avez vendu pour 10 000 euros de produits artisanaux dans l’année. Avec le micro-BIC, votre base imposable est de 2 900 euros seulement. C’est sur cette somme que s’applique votre taux marginal d’imposition, pas sur les 10 000 euros encaissés.
Il existe également un plancher : si vos recettes annuelles sont inférieures à 305 euros, vous n’avez tout simplement rien à payer. L’abattement minimum de 305 euros efface l’imposition.
L’inconvénient du micro-BIC est à noter : vous ne pouvez pas déduire vos charges réelles. Si vous avez investi lourdement en matières premières, en matériel ou en frais de livraison, et que ces dépenses dépassent 71 % de vos recettes, alors le micro-BIC vous désavantage. Dans ce cas, une option s’offre à vous.
Régime réel : pour charges élevées ou gros volumes
Le régime réel s’applique obligatoirement dès que vos recettes franchissent le seuil de 203 100 euros. Mais vous pouvez aussi choisir de l’adopter volontairement, même en dessous de ce seuil, si cela est plus favorable à votre situation.
Avec ce régime, vous déclarez vos recettes brutes, puis vous déduisez l’ensemble de vos charges réelles : achats de marchandises ou de matières premières, frais d’expédition, coût de l’emballage, abonnements aux plateformes de vente, frais de déplacement liés à l’activité, et bien d’autres encore.
Le résultat : vous n’êtes imposé que sur votre bénéfice net réel, ce qui peut représenter une économie substantielle pour ceux dont les charges sont élevées.
En contrepartie, ce régime implique des obligations supplémentaires :
- Vous devez conserver tous vos justificatifs (factures, reçus, relevés bancaires). L’administration peut les réclamer à tout moment, jusqu’à trois ans en arrière.
- Vous êtes assujetti à la TVA : vous devez la facturer à vos clients, la déclarer et la reverser au Trésor public. En retour, vous pouvez déduire la TVA sur vos propres achats et frais professionnels, ce qui réduit le coût réel de vos dépenses.
- La tenue d’une comptabilité rigoureuse devient indispensable.
Comment opter pour le régime réel quand on est en dessous du seuil ?
Si vous êtes éligible au micro-BIC mais que vous souhaitez basculer vers le réel, vous devez en informer l’administration fiscale au plus tard le 31 janvier de l’année pour laquelle vous voulez en bénéficier. L’option est ensuite reconduite automatiquement chaque année.
Si vous changez d’avis et souhaitez revenir au micro-BIC, vous devez le signaler avant le 1er février de l’année suivant la reconduction. Ne ratez pas cette date : le délai est court et la reconduction tacite peut vous piéger.
Comment déclarer concrètement : les formulaires à connaître
Passons maintenant à la partie pratique. Selon votre régime, vous n’utiliserez pas les mêmes documents.
En micro-BIC : la déclaration complémentaire 2042 C-PRO
Vous reportez le montant brut de vos recettes, sans appliquer vous-même l’abattement de 71 %, sur la déclaration complémentaire de revenus, formulaire cerfa 2042 C-PRO. C’est la version enrichie de votre déclaration annuelle classique.
Vous trouverez la bonne rubrique sous l’intitulé : « Autres revenus industriels et commerciaux non professionnels ».
L’abattement forfaitaire est calculé et appliqué automatiquement par l’administration. Vous n’avez rien à calculer de votre côté.
En régime réel : le formulaire 2031-SD
La déclaration professionnelle cerfa 2031-SD est le document central du régime réel. Il récapitule vos recettes, vos charges déductibles, et votre bénéfice imposable. C’est sur la base de ce document que l’administration calculera votre imposition.