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Revenus d'une activité extra-professionnelle : que faut-il déclarer aux impôts en 2026 ?

Vinted, location, cours particuliers… Découvrez quels revenus extra-pro déclarer aux impôts en 2026, activité par activité. Guide complet et à jour.
Sommaire

Vous avez arrondi vos fins de mois en vendant sur Vinted, en donnant des cours particuliers le week-end, ou en louant votre voiture sur une plateforme entre particuliers ? C’est très courant aujourd’hui. Mais une question revient systématiquement au moment de la déclaration annuelle : est-ce que je dois déclarer ces revenus ? Et si oui, comment ? On répond à toutes vos questions pour la déclaration d’impôt 2026.

Revenus d’une activité extra-professionnelle : que faut-il déclarer aux impôts en 2026 ?



Activité extra-professionnelle : de quoi parle-t-on exactement ?

Une activité extra-professionnelle, c’est tout ce que vous faites en dehors de votre emploi principal pour générer un complément de revenus. L’économie collaborative a démultiplié ces pratiques ces dernières années. Aujourd’hui, des millions de Français gagnent de l’argent via des plateformes comme :

  • Vinted, Leboncoin, eBay (vente de biens) ;
  • Superprof, Acadomia (cours particuliers) ;
  • Airbnb, Drivy, Ouicar (location) ;
  • TaskRabbit, Bark (services à la personne) ;
  • Etsy, Amazon Handmade (vente de créations artisanales).

La règle de base à retenir : toutes ces activités ne se traitent pas de la même façon sur le plan fiscal. Certaines sont totalement exonérées, d’autres imposables dès le premier euro.

Ce que l’administration fiscale sait déjà (et que vous ignorez peut-être)

Avant d’entrer dans le détail, un point important : depuis quelques années, les plateformes numériques ont l’obligation légale de transmettre vos données à la Direction générale des Finances publiques (DGFiP). Concrètement, si vous avez effectué plus de 30 transactions ou encaissé plus de 2 000 € sur une plateforme dans l’année, celle-ci doit déclarer vos revenus directement au fisc.

Résultat : ces informations apparaissent désormais en préremplissage dans votre déclaration de revenus. Ce n’est pas une option, c’est automatique. Croire que l’on peut « passer entre les mailles » est une erreur qui peut coûter cher ; des redressements fiscaux ont déjà été adressés à des particuliers sur la base de ces données.

Vous vendez vos affaires d’occasion : aucun impôt à payer (en général)

Bonne nouvelle pour celles et ceux qui vident régulièrement leurs placards : la vente de biens d’occasion dont vous vous débarrassez (vêtements usagés, vieux électroménager, meubles, voitures…) n’est pas imposable. Vendre sur Vinted, Leboncoin ou lors d’un vide-grenier ne génère aucune obligation fiscale dans ce cas de figure.

Il existe toutefois des exceptions selon la nature du bien :




Bijoux, objets d’art et antiquités

Si le prix de vente dépasse 5 000 €, vous devez régler une taxe forfaitaire sur les objets précieux. Le taux applicable est de 6 % pour les bijoux et objets d’art. Vous disposez d’un mois suivant la vente pour déposer le formulaire 2091-SD auprès de votre centre des impôts.

Métaux précieux

La taxe forfaitaire s’applique dès le premier euro, avec un taux de 11 %. Même formulaire, même délai d’un mois pour régulariser.

Autres biens avec plus-value

Si vous revendez un bien (autre que ceux cités ci-dessus) à un prix supérieur à son prix d’achat etque cette vente dépasse 5 000 €, une imposition sur la plus-value s’applique au taux de 19 %. Bonne nouvelle toutefois : si vous possédez ce bien depuis plus de 22 ans, la plus-value est totalement exonérée.

Vous achetez ou fabriquez des biens pour les revendre : c’est imposable

Là, on change de registre. Si vous achetez des articles pour les revendre avec une marge, ou si vous fabriquez des produits artisanaux destinés à la vente (bijoux faits main, bougies, cosmétiques naturels…), vos revenus sont imposables en tant que Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC).

En 2026, le régime micro-BIC s’applique si votre chiffre d’affaires annuel reste inférieur à 188 700 €. Dans ce cas, le calcul est simplifié : le fisc applique un abattement forfaitaire de 71 % sur vos recettes. Vous n’êtes imposé que sur 29 % de ce que vous avez encaissé. Les charges réelles ne peuvent pas être déduites dans ce régime.

Vous déclarez vos bénéfices sur le formulaire 2042 C PRO. Et si vos recettes ne dépassent pas 305 €, vous ne payez tout simplement rien du tout.

Au-delà de 188 700 € de chiffre d’affaires, vous basculez automatiquement sous le régime réel d’imposition, qui implique de tenir une comptabilité et de remplir le formulaire 2031. La TVA devient également obligatoire.

Vous louez un bien ou un véhicule : des revenus à déclarer

La location de biens (voiture, outil, matériel de bricolage, équipement de sport…) génère des revenus imposables. Ici aussi, le régime micro-BIC s’applique si vos recettes annuelles sont inférieures à 77 700 €, avec un abattement forfaitaire de 50 %.

Autrement dit, vous n’êtes taxé que sur la moitié de vos revenus de location. Pour déclarer, utilisez le formulaire 2042-C-PRO. Le seuil minimal de 305 € s’applique également ici.

Si vos recettes dépassent 77 700 €, le régime réel devient obligatoire. Vous devrez alors produire le formulaire 2031-SD et déclarer la TVA.

Vous donnez des cours ou faites du soutien scolaire : imposable dès le départ

Enseigner une langue étrangère, aider des lycéens en mathématiques, dispenser des cours de musique ou de dessin : ces activités génèrent des revenus catégorisés en Bénéfices Non Commerciaux (BNC).

En dessous de 77 700 € de recettes, le régime micro-BNC s’applique avec un abattement de 50 %. Au-delà, c’est le régime de la déclaration contrôlée (formulaire 2035-SD) qui prend le relais, accompagné de l’obligation de déclarer la TVA.

Là encore, en dessous de 305 € de recettes annuelles, vous êtes exonéré d’impôt.

Vous proposez des services (bricolage, jardinage, garde d’animaux…) : même logique que la location

Réparer des vélos pour vos voisins, tondre des pelouses, garder des chiens le week-end, faire du baby-sitting occasionnel… Ces activités sont considérées comme artisanales ou commerciales par l’administration fiscale.

Vos revenus sont imposables en BIC, avec le même fonctionnement que pour la location de biens : micro-BIC avec abattement de 50 % sous 77 700 €, régime réel au-delà. Le formulaire à utiliser reste le 2042-C-PRO pour le régime simplifié.

Et votre potager ? Même lui n’est pas toujours exonéré

Si vous vendez des légumes ou des fruits issus de votre jardin, voici la règle : si votre potager est directement accolé à votre maison et ne dépasse pas 500 m², vous êtes totalement exonéré d’impôt. Vous pouvez vendre vos tomates au marché en toute tranquillité.

En revanche, si le terrain est plus grand ou s’il n’est pas attenant à votre habitation, vos revenus entrent dans la catégorie des bénéfices agricoles. Le régime micro-BA s’applique si la moyenne de vos recettes sur 3 ans ne dépasse pas 120 000 €.

Comment déclarer concrètement en 2026 ?

Pour la majorité des activités accessoires, la déclaration se fait via le formulaire 2042 C PRO (Déclaration complémentaire des revenus des professions non salariées), à remplir en complément de votre déclaration habituelle (formulaire 2042).

Si vous déclarez en ligne sur impots.gouv.fr, ce qui est désormais la norme pour une grande majorité de contribuables, ce formulaire complémentaire est directement accessible depuis votre espace personnel. Les données transmises par les plateformes y apparaissent souvent déjà préremplies.

Un conseil pratique : vérifiez toujours ces données préremplies. Des erreurs ou des omissions sont possibles, notamment si vous avez utilisé plusieurs plateformes sur l’année. Vous avez la responsabilité de corriger ou compléter les informations avant de valider.

Faut-il s’inquiéter si on a oublié de déclarer les années précédentes ?

Si vous réalisez que vous auriez dû déclarer des revenus accessoires lors des années passées, la meilleure chose à faire est de régulariser votre situation de manière proactive. L’administration fiscale accepte les déclarations rectificatives. Agir spontanément est toujours plus avantageux que d’attendre un contrôle fiscal : les pénalités sont généralement réduites ou supprimées lorsque le contribuable fait lui-même la démarche.

En cas de doute sur votre situation, n’hésitez pas à consulter un comptable ou à contacter directement votre centre des impôts ou l’un de nos conseillers.